La disparition d’enfants est un sujet d’actualité partout dans le monde. Enlèvement, rapt, séquestration, fugue… des phénomènes de société qui mènent à autant d’interrogations. En effet, en France, on signale près de 50 000 disparitions de mineurs chaque année. Des statistiques inquiétantes d’autant plus que ces chiffres sont en hausse. Quelles actions devrait-on ainsi mener pour éradiquer ce fléau ? Quelles sont les mesures préventives possibles ? C’est tout l’intérêt de cet article.

La situation en France : enlèvements et disparitions inquiétantes

La protection et la sécurité des mineurs n’est pas un sujet à minorer. En effet, la violence commise envers les enfants n’est pas un fait banal en France. Les signalements de disparition sont en hausse depuis de nombreuses années. Rien qu’en 2019, près de 51 290 signalements ont été recensés. Selon le Ministère de l’intérieur, il existe trois types d’enlèvements fréquents dans l’Hexagone :

  • la fugue : dans la majorité des cas, les disparitions de mineurs sont liées à des fugues. Un enfant quitte son domicile familial pour des raisons liées à son environnement et son cadre de vie. La fugue est causée par des sévices que le mineur subit aussi bien à la maison qu’à l’école : violence physique, violence verbale, violence sexuelle, maltraitance, négligence grave, etc.). Une fugue peut également être liée à des problèmes psychologiques du mineur (absence de sentiment d’appartenance, parents divorcés, dépression, mal dans sa peau, etc.) ;

 

  • les disparitions inquiétantes : ici, on parle d’enlèvements et rapts d’enfants qui ont été signalés, mais non élucidés. On parle de niveau d’alerte avancé lorsque l’enfant n’a toujours pas été retrouvé et qu’une menace persiste sur son intégrité physique. Les fugues et les enlèvements sont également classés dans cette catégorie ;

 

  • les enlèvements parentaux : sur le plan législatif, on entend par enlèvement parental « tout déplacement d’un enfant du lieu de sa résidence, commise en violation des droits de l’autre parent ». Cet acte est généralement commis dans un foyer où les parents sont séparés ou en instance de divorce.

 

Le rôle de chacun dans les actions de prévention

Les chiffres susmentionnés démontrent toute l’importance de mettre en place des stratégies qui se déclineront en actions concrètes. Différentes solutions ont été adoptées, telles que la réalisation de campagnes de prévention et la mise en place d’un système d’alerte d’enlèvement. Ces mesures ont été renforcées via l’adoption de textes de lois relatives à la protection et au droit des mineurs. Il est alors de mise de créer une synergie effective entre les différents acteurs de la prévention contre l’enlèvement de mineurs :

  • Le rôle de l’État : la puissance publique a le devoir de protéger tout mineur des actes de violences commises à son encontre dans le milieu familial ou scolaire. Ainsi, l’État doit renforcer les procédures pénales ainsi que les campagnes publiques de prévention et de sensibilisation. Dans le cas d’un enlèvement international, il peut demander la coopération d’un autre pays pour réaliser les recherches : on parle alors de mandat international ;

 

  • Le rôle de l’associatif : les organisations de la Société civile (ONG, associations, etc.) jouent le rôle de modérateur et de relais de l’État. Selon son domaine d’activité, le secteur associatif peut appuyer l’État dans la consolidation des campagnes de prévention et de sensibilisation. Il développe également des actions visant à renforcer le cadre réglementaire relatif à la protection de l’enfance et des mineurs. D’ailleurs, son rôle est aussi de mettre en place une cellule d’écoute et de partage aussi bien pour les parents que pour les enfants. Dans ce contexte, l’A.P.S.F.E.E (Association de Prévention par Simulations Filmées contre les Enlèvements d’Enfants), basée dans l’Oise, organise des animations et des séances de prévention auxquelles participent parents et enfants. Cet organisme enseigne aux mineurs les différents comportements à avoir dans le cas où ils seraient victimes ou témoins d’un enlèvement ;

 

  • Le rôle de la famille : le cocon familial est le lieu d’épanouissement d’un enfant. Les parents ont la responsabilité d’instaurer un cadre de vie agréable dans lequel l’enfant pourra s’épanouir amplement. En France, les mauvais traitements commis sur un mineur sont les premières causes de fugue.